20 octobre 2009

The Dears, mes chéris. (No Return)

Comme certains d’entre-vous le savent peut-être déjà, je suis absolument fou de The Dears, comme en témoignent ces billets : You and I are a Gang of Losers et Disclaimer. En fait, j’ai un coup de foudre perpétuel pour ce groupe. À chaque fois que j’en découvre un nouveau morceau, je tombe sous le charme.

Tout a commencé au Cégep, lorsque j’ai découvert le groupe avec les simples 22: The Death of All Romance et Lost in the Plot. Puis, par un beau soir de décembre 2006, coup de massue au défunt Spectrum lors d’un spectable mémorable de la tournée Gang of Losers, je n’ai plus été le même homme depuis, c’est tout dire. Quelle voix (Murray Lightburn), quels musiciens, quelle intensité! Ensuite, c’est la folie : l’achat coup sur coup de No Cities Left et Gang of Losers que je branchent en intraveineuse. J’attendis patiemment ma nouvelle dose pour apprendre que le groupe était au bord du naufrage, 4 membres sur 6 ont quitté en 2008, catastrophe! Mais, le chanteur et sa compagne claviériste tiennent le fort et nous offrent Missiles qui me retourne encore tout à l’envers. Nouveau charme avec une nouvelle (et très efficace) équipe en janvier 2009 à l’Église St. James, spectacle mémorable autant pour la musique que pour l’ambiance.

Incapable d’attendre un nouvel album, j’avais encore besoin d’une dose fraîche. J’ai donc fouillé un peu pour trouver un EP lancé en 2001, Orchestral Pop Noir Romantique, dont j’avais entendu quelques bribes. Pratiquement introuvable dans les bacs, j’ai donc dû l’acheter par eBay.

Là, je suis totalement subjugué par l’ensemble, mais plus particulièrement par No Return, qui malgré une certaine longueur dans son introduction, frappe dans le mille avec son romantisme sombre et sa mélodie lyrique. Bref, j’en perd mes mots…

À vous de juger.

17 octobre 2009

Une présentation de Gaube – Partie 1.

Il y quelques semaines, mon bon ami Gaube m’a proposé un “échange” de critiques de pièces, l’un envoyant une dizaine de minutes de musique à l’autre qui ensuite en fait un commentaire sur son blogue. Eh bien, mon vis-à-vis a déjà complété ses critiques depuis quelques jours déjà, que vous pouvez lire ici.

Considérant que le garçon en question quelques années d’études en musique derrière la cravate, à la lecture de ses critiques vous constaterez qu’il ne lésine pas sur les détails de structure. De plus, de l’autre côté, vous devinez aussi qu’il ne m’a pas fait parvenir le dernier album de Sylvain Cossette non plus.

J’ai donc fait mon gros possible de répondre à ses envois, quatre titres en tout, dans la mesure des capacités des mes oreilles et de mes émotions.

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1) Pierrot  Lunaire Op. 21 – Part 1 – Mondestruken de Schönberg

Cette pièce pourrait être la plus hors de mon champ musical des quatre du lot. Selon les instructions que Gaube a jointes à son envoi, Schönberg est l’un des premiers à avoir fait de la musique atonale. À l’écoute, ça paraît, mais ce n’est pas nécessairement dérangeant. Ça ne m’a pris que trois ou quatre écoutes pour bien apprécier, et avec sincérité.

Dans les émotions ressenties par les oreilles, on entre ici dans un univers qui ne suit pas un chemin précis. En fait, on a l’impression d’écouter Blanche-Neige sur l’acide (soit dit en passant, acide est un mot qui revient un peu trop souvent dans mon vocabulaire lorsque je défini la musique que Gaube écoute, je m’en excuse d’avance, et je m’excuse aussi pour cette très longue parenthèse) ou bien de jouer dans un tableau du niveau de la « Forêt des illusions » de Super Mario World (je sors de nulle part avec ça, je sais). On entend grosso modo : un piano qui se fait mystérieux, une flûte traversière taquine, un violon relativement grinçant et une chanteuse d’opéra qui parle plus qu’elle ne chante. Malgré le mélange éclectique que je décris, la sauce prend.

2) Sweet Charity de Mr. Bungle

Sacré Gaube, ce coquin a personnalisé ses choix en y joignant une pièce qui vient toucher la corde « Brian Wilson/Beach Boys » de ma mélomanie. L’influence du génie californien des harmonies vocales et de l’instrumentation pop est facilement perceptible dans cette pièce. Une réverbération dans les percussions, l’omniprésence de celles-ci, un clavier-clavecin, une douce guitare et le son de basse sans sustain trahissent l’influence wilsonienne. Néanmoins, l’utilisation des voix est un peu plus sautée, moins harmonieuse et va jouer un peu plus dans les basses, ce qui donne à l’exercice une touche intéressante. De plus, dans la structure (pour paraphraser Gaube), Wilson lui-même a rarement été aussi éclaté, on passe du coq à l’âne dans le temps de le dire.

Le plus troublant c’est que l’album dont est tirée la pièce date de 1999 et sa production ressemble en plusieurs points à celle de SMiLE de Brian Wilson lancé en 2004 (avec près de quatre décennies de retard, mais tout de même un des albums essentiels de la décennie selon moi). À croire que le maître s’est rafraîchi l’oreille en l’écoutant, ou que ses élèves ont eu une sacrée prémonition.

3) Messe pour le Temps Présent – Prologue de Pierre Henry

Si Serge Gainsbourg n’a jamais écouté l’album où se retrouve cette pièce de Pierre Henry, eh bien le hasard fait de bien belles choses. En effet, selon moi, cette pièce pourrait très bien trouver sa niche en quelque part dans son légendaire Histoire de Melody Nelson : même son de basse, même batterie presque nonchalante et un ensemble sonore très semblable.

Toutefois, tenir une critique de cette pièce à cette seule comparaison est très réducteur. Maître de l’électro-acoustique (pas la guitare acoustique qui se branche, mais le type de musique/son), Pierre Henry travaille plus sur la texture que sur la musique elle-même – qui peut être considérée comme un simple faire-valoir dans cette pièce. En effet, la basse et la batterie que j’ai décrites, si elles sont à l’avant-plan et auxquelles je donne peut-être trop d’importance, sont entourées de petites percussions qui ressemble à « des petites chaînes qui tombent sur une feuille de métal » alors que la pièce débute et se termine (peut-être) sur un piano enregistré au loin alors que ses cordes semblent (et je tiens à préciser que c’est plus du sentiment qu’une réalité rationnelle) avoir été remplacées par les touches d’un métallophone. Tout ceci avec des petites touches très subtiles de flûte traversière, si je ne m’abuse, ainsi d’orgue combo et de trompette.

4) Préludes 1 – Danseuses de Delphes de Debussy

Considérant ma sensibilité mal exploitée à l’égard des impressionnistes, Gaube m’a fait parvenir cette pièce de Debussy qui fut toutefois pour moi la plus dure à commenter de l’ensemble. En effet, comme la pièce n’est composée que d’un piano, j’ai essayé de bien y réfléchir avant de la commenter pour ne pas écrire une connerie trop vite sortie de mes sentiments.

Dans l’évolution de la structure, la pièce ne brusque rien. Elle vogue lentement et sûrement, si bien qu’on reste surpris après quelques écoutes qu’elle ait monté subtilement en intensité à partir du second tiers et qu’elle prenne une tournure plus grave dans le troisième tiers. L’excellent thème d’ensemble vient et revient, tout en douceur. On peut se laisser facilement envoûter…

Enfin, à moins qu’elles soient complètement stupides, mes oreilles trouvent aussi que l’ensemble n’est pas très loin d’un petit jazz (un anachronisme ici) de fin de soirée avec les lumières tamisées. De plus, ça semble tout aussi bon pour le petit café au lait parisien les jours de pluie. Voilà donc pour l’impression que la pièce de Debussy m’apporte.

7 octobre 2009

Pétage de coche musicale # 1 – Jonathan Roy n’est pas un chanteur populaire.

Je vous ai habitué ici à des critiques généralement dythirambiques sur de la musique qui me tient à coeur, mais j’ai aussi mon petit (gros) côté baveux.

Je vois, et j’entends souvent aussi, des conneries grosses comme l’univers lorsque l’on parle du monde la musique. J’ai une envie irrésistible d’y réagir ces temps-ci, et ça commence là.

Bon, j’étais à lire tranquillement diverses nouvelles sur internet lorsque je suis tombé sur celle-ci sur Cyberpresse : Jonathan Roy n’aura pas de casier judiciaire

Jusque là, c’est anodin et vous ne voyez peut-être pas où je veux en venir. En fait, c’est la ligne de fermeture du texte qui m’a tiqué et c’est pas la première fois que ce genre de phrases provoque en moi du dégoût pour l’humanité : “Jonathan Roy ne joue plus au hockey. Il a entrepris une carrière de chanteur populaire“.

Merde (et le mot s’applique aussi à la musique du fils à papa en question), chanteur populaire?!? Encore faudrait-il qu’il soit populaire à cause du chanteur, non à cause du gardien de but matamore.

Maudits médias de cul.

Finale de Le Kevin tout en nuance : Peut-être que l’auteure du texte voulait dire “Chanteur de musique populaire”.

18 septembre 2009

Humbug.

D’emblée… récapitulons : lancé en janvier 2006, le premier album de Arctic Monkeys, Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not, les propulsa instantannément au firmament de l’indie-rock. Surfant sur la hype qui l’entourait, le groupe continua sur sa lancée en jettant sur les tablettes dans l’année qui suivi, coup sur coup, un EP – Who the Fuck are the Arctic Monkeys? - ainsi qu’un single hors-album – Leave Before the Lights Come on - pour enfin sortir, un an et demi après le premier, en avril 2007, un second long-jeu, Favourite Worst Nightmare, tout aussi bien accueilli. Si le groupe prit ensuite une petite pause, ce ne fut toutefois pas le cas du chanteur, Alex Turner, qui tabla sur un groupe parrallèle – The Last Shadow Puppets – qui nous offrit une très bonne galette en avril 2008. Et nous voilà, en août 2009, avec un quatrième album en moins de 4 ans pour Mr. Turner avec le Humbug des singes. Un rythme digne des années ‘60, quoi. (Pendant ce temps, The Strokes, qui a lancé son dernier album – First Impressions of Earth – avant le premier album des Arctic Monkeys n’a rien sorti depuis et est en principe encore en activité…)

 Dès la première écoute, l’on remarque que les gars de Sheffield (Grande-Bretagne, évidemment) ont ralenti quelque peu la cadence par rapport aux deux précédents albums. Néanmoins, le son est plus lourd. Lourd comme les premiers enregistrements métal - on y décèle quelques traits du Black Sabbath sale des débuts, celui encore teinté de psychédélisme, ou même celui de Queens of the Stone Age… normal son chanteur, Josh Homme, réalise 7 des 10 pièces (James Ford reprend du service pour les 3 autres).

Ainsi donc, guitares, batterie et basse ralentissent la cadence et sonnent un peu plus rond dans l’ensemble. La voix d’Alex Turner se fait aussi un peu plus basse et plus patiente, elle a un peu plus de soul même, elle excelle de plus en plus dans les moments les plus doux. Dans le même registre, des choeurs très bien arrangés (et non des réponses criardes comme auparavant) viennent agrémenter quelques uns des titres.

 L’ouverture, My Proppeler qui agence claviers et guitare acoustique avec un riff que ne renierait pas Metallica, table d’emblée sur les changements que j’ai déjà énoncés. Si elle démare en trombe, elle se calme rapidement pour évoluer tranquillement avec des choeurs et une certaine texture inédite au groupe. Suit le premier simple Crying Lightning, avec sa basse lourde et où on retrouve le son de guitare western spaghetti déjà travaillé sur Favourite Worst Nightmare.  Même chose avec Dangerous Animals, qui aurait certainement trouvé sa place sur ce dernier, mais qui symbolise tout de même à merveille la lourdeur nouvellement empruntée avec un riff relativement headbanger tout comme plus tard Pretty Visitors, qui rappelle The Horrors.

Puis avec Secret Door les Monkeys adoucissent le pas, sans nécessairement ralentir la cadence, et signent ici selon moi l’un de leurs meilleurs titres et l’un des plus émouvants. Bien travaillée, se développant tranquillement, elle aboutit à une finale tout en choeurs magistrale. Les relents de The Last Shadow Puppets y sont certes évidents, mais après l’expérimentation, la maîtrise est faite.

L’album reprend son cours avec Potion Approaching toujours lourd (particulièrement au pont) et salaud. Sur Fire and the Thud, Arctic Monkeys prend résolumment une tournure plus psyché, on se croirait dans un désert du western américain – la signature Josh Homme porte donc ses fruits tout comme Dance Little Liar où le groupe fait l’honneur à Alison Mosshart, de The Kills aux choeurs, d’être la première voix féminine sur un album du groupe. Ensuite, avec Cornestone, on retourne à une sonorité déjà travaillée sur des b-sides tels que No Buses ou The Bakery, Alex Turner s’y fait très lover. La finale, The Jeweller’s Hands, quant à elle, surprend par la richesse de sa texture et ouvre une nouvelle porte pour les prochains soubresauts du groupe…

Tout de même, je ne sens pas que Humbug soit une cassure, l’évolution qu’on y retrouve est tout à fait logique et bienvenue. Il est clair que l’épisode de The Last Shadow Puppets a marqué le travail du groupe, qui en a retenu d’excellentes leçon. Le canon de Arctic Monkeys s’en trouve donc plus qu’enrichi.

Enfin… Meilleur que les deux précédents? Je n’irais pas jusqu’à affirmer ceci, puisque l’album ne contient pas selon moi autant de hits que ceux-ci, mais il pourrait peut-être mieux vieillir que avec ses arrangements plus texturés ainsi que ses paroles plus réfléchies.

14 septembre 2009

The Beatles – Remastérisation – Mon prologue – A Hard Day’s Night en Mp3

Je ne sais toujours pas quoi faire par rapport à la remastérisation de la discographie des Beatles. Possédant trois albums en CD (Abbey Road, White Album et Revolver) ainsi que quatre autres en vinyle (Meet the Beatles, Sgt Pepper’s, Hey Jude ainsi que Magical Mystery Tour), j’hésite entre tout racheter, en coffret pour sauver au total, ou acheter à la pièce à l’humeur sur plusieurs mois. Par dessus ça, il y a aussi le coffret Mono qui est très tentant – puisque c’était le seul mixage supervisé par les Beatles eux-mêmes jusqu’à Abbey Road et que cela est pour moi vraiment de l’inédit et ayant déjà fait l’écoute de Sgt. Pepper’s sous ce format je peux vous garantir que c’est une toute autre expérience.

Par contre, j’ai mis la main - merci à mon frangin – sur les MP3 de A Hard Day’s Night, ce qui donne quand même une très bonne idée de la chose; quoi qu’une écoute à pleine vapeur avec un système de son de qualité est nécessairement de mise pour en avoir le coeur net selon moi.

Comme A Hard Day’s Night fait partie du canon yé-yé des Beatles, je crois aussi que l’écoute d’albums tels que Rubber Soul, Magical Mystery Tour ou Abbey Road - de par leur complexité et leurs détails - remastérisés doit être une toute autre expérience.

Néanmoins, l’écoute de la galette en question est tout aussi pertinente à mes oreilles puisque les premiers enregistrements du groupe sont nécessairement ceux dont la qualité de l’enregistrement initial – mais pas nécessairement du contenu, je précise – laissait le plus à désirer, pour des raisons de moyens évidemment. La remastérisation semble donc avoir éclairci ces albums – disons de Please Please Me à Help.

C’est donc ce que l’on entend très clairement dès le premier (fameux) accord de A Hard Day’s Night. Par rapport à la version CD des années 80, le son est plus direct et moins étouffé.

Rapidement : la basse est plus ronde et profonde, les guitares mieux séparées et claires, les voix très claires et plus définies en harmonie. Néanmoins, je n’ai pas eu l’impression que la batterie y ait tant gagné au change – ce qui est sûrement dû aux techniques primitives d’enregistrement de la batterie du temps (2-3 micros alors contre 167 et 4/10 maintenant pour un seul kit de 2 toms et une moitié de cymbale). Les percussions y sont toutefois très claires, tout comme l’harmonica de John sur I Should Have Known Better. De plus, l’on remarque à certains moments des lignes de piano, très subtiles parfois, que l’on avait pas vraiment entendues auparavant.

Enfin, petite précision, c’est une remastérisation à la quelle nous avons droit et non un remixage comme Love – que j’ai adoré pour ce fait. Ce faisant, les gens qui sont rebutés par le mixage (ultra) stéréo des Beatles – avec la voix d’un côté et le reste de l’autre – comme j’en suis parfois - seront déçu d’apprendre qu’il n’a pas été changé pour une miette. Par contre, la définition des instruments y ayant gagné, le fait stéréo en devient moins lourd à supporter lorsqu’on l’écoute avec écouteurs.

Bref, je viens d’écrire près de 500 mots pour un seul album… imaginez quand j’aurai écouté tous les autres!

1 septembre 2009

Franz Ferdinand – Métropolis (Montréal) – 31 août 2009.

Solide et imprévisible. Voilà qui définit selon moi l’excellent spectacle qu’a offert (hier soir) Franz Ferdinand au Métropolis de Montréal.

Solide : parce que le groupe ne s’est pas pratiquement jamais arrêté de jouer – hormis pour un intermède avant une finale endiablée - et qu’il nous a lancé hit par dessus hit – normal après trois albums – ce en démarant en trombe avec No You Girls et enchaînant Michael par dessus Take Me Out et Do You Want To?, du bonbon.

Imprévisible : Parce que le groupe ne trempe pas dans le genre de spectacle où l’on a l’impression que les musiciens pèsent sur la touche Play de leur séquenceur et se contentent de faire du lipsynch sans émotion (genre The Killers apparement)… non madame! Franz Ferdinand fait quelque peu dans l’improvisation et la relecture des ses pièces, sans jamais y perdre son public. Ainsi, ils ajoutent une dimension qui colle on ne peut plus mieux à leur approche dance du rock. J’avais des appréhensions vis-à-vis de l’interprétation de Lucid Dreams, qui sur album prend une tournure résolument électro-dance… eh bien, ils ont dépassé mes attentes en terminant avec ce titre et en réussissant à ne pas être ennuyant.

En bonus : le chanteur Alex Kapranos qui nous fait la conversation dans un français clair et charmant à souhait.

Bref, à voir absolument en spectacle pour n’importe amateur de musique qui fait danser et tapper du pied.

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Sinon, voici le vidéoclip pour Can’t Stop Feeling, tout simplement génial.

26 août 2009

Caméra Vidéo (Les Trois Accords rappliquent).

Putain, à l’écoute du premier extrait (Caméra Vidéo) du troisième album des Trois Accords – qui s’intitulera gracieusement Dans mon corps, pour une sortie en octobre -, j’ai l’impression qu’on aura droit à tout un album.

Je trouve que ça frappe plus dans la tête que les singles du second effort. Avec Gus Van Go et Werner F (le duo de réalisateurs de The Stills et du dernier Vulgaires Machins) derrière la console, je crois qu’ils vont aussi relever le niveau de leur sonorité. On peut déjà y entendre une section de cuivre… à moins que ce ne soit que de la poudre aux yeux, ça promet!

Caméra Vidéo en écoute libre ici

Vive Drummondville!

24 août 2009

CHOM.

La radio de CHOM 97.7 FM c’est une légende au Québec – à tout le moins dans le rayon de diffusion de la station -, presque tous les amateurs de rock du pays, vieux et moins vieux, connaissent la station, c’est un must. Personnellement, si je ne trouve rien à mon goût sur les ondes, je retourne automatiquement, sans même y penser, à cette station. C’est un réflexe héréditaire chez des gens comme moi, élévés par un ou des parents qui synthonisait ad vitam eternum le 99,7 FM, sauf parfois pour écouter les émissions d’humour des canaux francophones – qui ne sont plus aussi drôle qu’avant d’ailleurs (la présence d’Éric Salvail est patente).

Mais personne ne parle vraiment de CHOM dans les médias, c’est une espèce de gros bouche à oreille – le repère caché des vieux rockers québécois. De plus, si la station est anglophone… je ne connais que des auditeurs francophones. Ainsi, si vous êtes attentifs à l’écoute, lorsqu’il y a des concours ou des demandes spéciales en ondes, l’anglais très cassé des participants trahit indubitablement leur langue maternelle.

Grosso modo, le fait anglophone de CHOM s’explique par la législation du CRTC qui oblige – avec raison tout de même, selon moi - les canaux francophones à diffuser 60% de musique francophone québécoise – une obligation que n’a pas une chaîne anglophone. Mais, dans le domaine du Classic Rock – le segment visé par le 97.7 – disons que l’offre franco-québécoise est famélique… et même parfois très quétaine. Néanmoins, la station diffuse tout de même de temps à autre du Beau Dommage, Harmonium, Offenbach et Pagliaro, tandis leurs animateurs font parfois quelques commentaires en français, juste de même.

Justement,  parlons de ces animateurs. Excepté Sharon Hyland, qui est une femme – en tout cas, je n’entends pas vraiment une pomme d’Adam résonner dans sa voix -, je n’arrive pas à différencier les animateurs mâles. Même après près de 22 ans d’écoute, et des séances plus attentives pour tenter de les distinguer, niet, toujours le même gars avec une grosse voix cool qui me vient à l’esprit, qu’il soit 8h, 16h ou 3h33 du matin.

Enfin, venons en au contenu musical de CHOM. Empiriquement parlant, dès lors que nous synthonisons le poste, nous avons une chance sur quatre de tomber soit sur :

  1. Stairway to Heaven de Led Zeppelin
  2. The Spirit of the Radio de Rush
  3. Summer of ‘69 de Bryan Adams
  4. American Woman de The Guess Who

Vous remarquerez que trois de ces quatre titres sont canadiens, c’est que les chaînes radio anglophones ont elles aussi une obligation de passer 60% de contenu canadien en onde. Ce qui fait que les Rush, Adams, Guess Who et autres Neil Young ainsi que BTO jouent souvent en ondes, étant pratiquement les meilleurs rockers canadiens. De plus, on a aussi droit à des artistes plus obscurs maintenant mais potables tels que April Wine, Colin James ou Kim Mitchell.

Par contre, l’envers de la médaille du contenu canadien, c’est que pour ne pas trop se répéter – car on a vite fait le tour du jardin classic rock canadian comme vous pouvez le constaster – les disc-jokeys de CHOM passent du Nickelback, Puddle of Mudd et Tea Party, soit du gros cacacanadien bien sale à mes oreilles (comme on en fait partout dans le monde tout de même).

Entre tout ça, dans le 40% de contenu non-canadien, là c’est le Pérou, Led Zeppelin par dessus Genesis, Pink Floyd, David Bowie, Bob Dylan, The Beatles, The Eagles, U2, The Clash, The Doors, Black Sabbath, Yes, The Rolling Stones, etc. etc. Donc, tout du bon pour une éducation musicale saine au classic rock

C’est tout ça CHOM pour moi. Voilà.

20 août 2009

Coldplay – Volume I.

Coldplay n’a vraiment pas besoin de présentation, j’irai donc droit au but : je ne suis pas fan, mais je ne suis pas loin. Un peu comme U2 – l’éternelle comparaison -, je l’écoute avec un plaisir relatif si l’une de leurs chansons passe à la radio (c’est toujours mieux que Rihanna, ou une septième chanson de Bryan Adams en seulement une heure à CHOM) ou lorsque quelqu’un de mon entourage fait jouer l’un de leurs albums. Par contre, de plein gré, c’est plus rare que Coldplay traîne dans mes oreilles. Je possède bien X&Y en CD depuis sa sortie en 2005, mais il se fait poussiéreux.

Par contre, après avoir été littéralement subjugué – et c’est pratiquement un euphémisme - par sa prestation au festival Osheaga de Montréal le 1er août dernier, j’ai décidé, de plein gré, de me mettre sur le cas Coldplay, album par album, juste pour entendre ce que ça suscitera dans mon esprit… Enjoy.

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Un samedi matin avec une fine pluie sur la fenêtre de la chambre à coucher et une humeur chaleureuse sous la pile de couvertures qui nous couvre depuis environ dix à douze heures.

C’est cette atmosphère que je ressens lorsque se mettent à jouer les premiers accords de Don’t Panic, ouverture toute en douceur du premier album de Coldplay, Parachutes, lancé en 2000. Cette impression colle tout au long de l’écoute de l’œuvre car le ton ne s’élève pratiquement pas plus dans les chansons qui suivent. En effet, le son de celles-ci se caractérise par l’utilisation constante de guitares acoustiques lentement gratées et d’une section rythmique subtile, et de temps à autre d’une guitare électrique tout aussi subtile et rarement overdrivée. Ainsi, vous dire que Yellow et Shiver sont les deux titres qui déménagent le plus vous donne une bonne petite idée du niveau de rock de la chose. Mais, contrairement aux albums qui suivront, l’utilisation de claviers est très restreinte sur Parachutes et le piano de Chris Martin n’apparaît que sur deux titres (Trouble, Everything’s Not Lost).

Sis sur une réalisation juste mais sans artifices, Parachutes est un album relativement uniforme et peu ambitieux, tout de même sans une once de prétention. Grosso modo, Coldplay y maîtrise le soft-rock à merveille, si je puis dire. Cependant, il m’a toujours semblé qu’il emprunte ici beaucoup à The Bends de Radiohead : réalisation semblable, voix un peu faussette, utilisation d’une réverbération subtile, sonorité de la guitare électrique dans les titres les plus doux, jeu de la section rythmique, etc. Ce n’est certes pas une mauvaise influence en soi, pour moi en tout cas, et pour un premier album la chose s’excuse de plus très facilement. Bref, les ressemblances avec des titres tels que High and Dry ou Nice Dreams ne relèvent pas de l’hallucination auditive à mes oreilles.

Enfin, même après plusieurs écoutes - sûrement de par son uniformité - il m’est difficile de discuter de Parachutes en pièces détachées. Du lot, Trouble s’élève toutefois selon moi au rang des meilleurs chansons du groupe par la charge de son refrain et annonce en quelque sorte les plus grandes envolées des albums qui suivent.

14 août 2009

Faudrait vous apprendre à danser.

Combo montréalais faisant dans le rock indé avec guitares tranchantes et beaucoup d’attitude, Chinatown est apparu dans mes oreilles il y a de cela environ un an et demi par l’entremise de son espace MySpace, nous proposant alors des enregistrements de qualité pour un groupe non signé. Sa sensibilité pop certaine ainsi que la force de ses textes avaient su attirer mon attention. Signé par Tacca, un gros joueur dans l’industrie québécoise du disque, le groupe a pu enregistrer son premier album La Cité d’Or, réalisé par Gus Van Go (ex-Me mom and Morgentaler) et Werner F, responsables des trois albums de The Stills ainsi que de l’excellent Compter les Corps des Vulgaires Machins. Voici donc, dans les quelques lignes qui suivent, mes impressions sur un excellent album, qui est partie prenante de la trame sonore de mon été (ou de ce qui prétend être un été, enfin)…

Démarrant en trombe avec ce qui s’avère selon moi être la bombe de la galette, soit Apprendre à danser, La Cité d’Or ralentit ensuite relativement mais Chinatown s’avère solide sur toute la longueur : richesses des arrangements et des choeurs, force et justesse des guitares, une section rythmique réglée au quart de tour ainsi que, comme je l’ai déjà souligné, des textes très bien travaillés et riches. Si ces derniers semblent avoir une certaine touche très romantique qui rebutera peut-être certaines oreilles au premier abord, ils ne sombrent jamais dans l’eau de rose et sont dotés d’une ironie bien aiguisée.

Passant du rock indé pur (Pénélope, Perdre son temps, Flashs de paranoîa),  à la chanson (Du jazz avec l’apocalypse) à quelque chose près du Yé-yé (Tu es un hit) Chinatown maîtrise à merveille son jeu et s’avère très habile à varier le ton avec quelques titres plus doux qui évoluent lentement mais sûrement (Carrousel, L’automne, Salut vieux monde sale) ou de rock léger (Bateau de querelle, Secousses, La vrille). Fait à souligner, honorant (peut-être par accident) sa dénomination, le groupe adopte aussi parfois des petites tournures mélodiques orientales… quoi que tout le monde utilise la gamme penthatonique.

En somme, Chinatown s’inscrit, selon moi, aux côtés de Bonjour Brumaire dans une maîtrise francophone du rock indé à guitares (avec touches de claviers, certes) au Québec, ce qui n’est pas sans me réjouir, épris que je suis du pendant anglophone de la chose. De plus, les ayant vu en spectacle aux dernières Francofolies de Montréal, je me dois aussi de souligner la solidité de leur prestation ainsi que la justesse de leurs choeurs, ce qui a dépassé mes attentes.

À découvrir si vous aimez : The Stills, Bonjour Brumaire