Les Beatles, pas toujours Réellement l’Amour…

Férus d’histoire beatlesque que vous êtes, vous n’êtes pas sans savoir que – contrairement à ce nous le laissent entendre le spectacle du Ciquedusoleil Love ainsi que la trame narrative de Rock Band: The Beatles, qui se terminent dans les fleurs – l’histoire des Coquerelles avec du Rythme ne s’est pas terminée sur un unisson. (Dans la négative, je vous réfère à l’article Wikipedia traitant de Yoko Ono, il saura répondre à toutes vos questions sur le sujet. Si toutefois vous souhaitez avoir une vue d’ensemble plus « objective » du sujet, jetez un coup d’oeil à cet article).

Cette animosité s’est quelque peu perpétuée à travers les premiers albums solos de chacun des membres (John, Paul, George pis le nowhere avec des bagues, Ringo).

Par exemple, John a déversé son fiel musical sur le dos de Paul avec How do You Sleep? sur sa pièce maîtresse Imagine en 1971, et il se fit à peine subtil. « The only thing you done was yesterday/And since you’ve gone you’re just another day« , chante-t-il, affirmant ainsi que la seule bonne chose que McCartney ait fait fut Yesterday, rien de moins! « You live with straights who tell you you was king, Jump when your momma tell you anything« , considérant que la mère de Paul est décédée lorsqu’il avait 14 ans, on est pas loi du cheap shot. Mais la vraie mise en échec musicale est selon moi : « The sound you make is muzak to my ears, You must have learned something in all those years« , ouch.

George Harrison ne fut pas en reste, il a même joué de la guitare sur How do you sleep! Mais il avait aussi tiré sa petite flèche avec Wah Wah sur son chef d’oeuvre à lui, All Things Must Past, en 1970. Mais il se fit beaucoup incisif que John, soutenant que les mots de Paul ne lui faisait que l’effet d’un Wah Wah…

Fouetté, Paul décida de leur rendre la pareille, non avec les mêmes mots… mais avec la même musique. Non seulement la même musique, mais avec un pastiche de réalisation spectorienne (beaucoup de réverbération) que prisaient alors Lennon et Harrison. Ainsi, McCartney lança en 1974 Let me Roll it sur son chef d’oeuvre à lui Born to Run. Au menu : guitares acérées bien lennoniennes, choeurs spectoriens, drum lâche, etc. etc. Tellement réussi qu’on pourrait croire que c’est vraiment une chanson de Lennon… semble-t-il que ce dernier a bien rit et c’est ainsi que le tout s’est clos.

Ringo? Disons qu’il a préféré regarder les bonnes vieilles photos de ses copains…

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Les coulisses de pédale de « bass drum » grinçantes.

Tant qu’à faire, continuons avec Led Zeppelin

Fins connaisseurs de la musique du Hindenburg de Plomb que vous êtes, vous n’êtes pas sans savoir que son responsable attitré des tambours, John Bonham de son nom, est un des batteurs les plus reconnus de l’histoire du rock (là, faites moi pas chier avec votre Mike Portnoy de merde du Théâtre de Rêve (c’est quoi ce nom là d’ailleurs?)).

Saviez-vous que ce cher Bonham, décédé en 1980 par trahison de son amie Vodka, était aussi un maître joueur de la coulisse de de pédale « bass drum » grinçante?

C’est ce qui ressort à l’écoute des premières dizaines de secondes de Since I’ve Been Loving You

Et si vous avez fine oreille, vous remarquerez que Ringo Starr en personne fait figure de pionnier dans le domaine, avec All I’ve got to do

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Led Zeppelin, aïeul de Franz Ferdinand?

J’étais à (ré)écouter tout bonnement le doublement bon album de Led Zeppelin Physical Graffiti, lancé en 1975, alors que mes oreilles et ma culture musicales matures se sont mises à ouïr du Franz Ferdinand.

Sur Trampled Under Foot pour être plus précis (Face 2, piste 2, 5 minutes 37 secondes), que voici…

Comparaison de circonstance avec le méga-tube Take me Out, dont je vous invite à revoir le vidéoclip tellement génial (malheureusement encore massacré par une qualité vidéo de merde, indigne du YouTube HQ de ces années-ci) :

Ce qui amène donc une nouvelle question musicographique : Led Zeppelin, qui a tout fait pour le rock du hard- au blues-, en passant par le country- et le folk- (et même le punk selon Johnny Ramone en personne), a-t-il aussi mis son grain de sel dans le dance-rock de l’archiduc autrichien descendu par Gavrilo Princip?

Toutefois, loin de moi la volonté de laisser la question en pan et sans source à l’appui, le nouveau paradigme ledzeppelinien s’expliquerait en partie, selon le propre aveu de John Paul Jones (surement l’un des noms de rocker qui a le plus de classe) qui souligne l’influence de Stewie Wonder sur son jeu de clavinet

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La grande liquidation du temps des fêtes.

La musique du temps des fêtes… ou la kryptonite des commis de magasins quelconques. Heureusement, je n’ai travaillé qu’un seul temps des fêtes (celui de 2005 pour être précis, pour le plus grand plaisir d’un de mes fidèles lecteurs) dans l’un de ces magasins (un dépanneur pour être encore plus précis) et je n’ai donc jamais appris à détester ce type de musique sans contredit très segmenté…

Bref, pour votre plus grand déplaisir – ou votre grande joie – voici un petite présentation dans le désordre très peu exhaustive et très subjective de ma musique favorite du temps des fêtes, agrémenté d’un soupçon de vidéos plus rouges et verts les uns que les autres.

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A Christmas DuelThe Hives & Cindy Lauper

Lancé l’an dernier, ce duo inespéré (ou plutôt ce combat) de Howlin’ Pelle et l’unusual girl sort complètement des sentiers battus habituellement empruntés par ce segment de la musique pop. Baveux à souhait, les protagonistes jouent au couple adultère et ne lésinent pas sur les révélations, à qui dit mieux. « I bought no gifts this year and I slept with your sister » de dire Pelle, « I bought no tree this year and I slept with your brother. I wrecked your Daddy’s car and went down on your Mother » de lui répondre Cindy… De plus, la musique est composée de manière à ce que l’on prenne les paroles pour un rien, superbe diversion!

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Happy X-Mas (War is Over) John Lennon

Ce que j’ai toujours trouvé particulier avec cette chanson, c’est à quel point je suis capable de supporter la voix de Yoko Ono… ce qui est un exploit en soi. Mais bon, elle l’a eu facile, Phil Spector (le producteur, dont je parlerai un peu plus bas) l’a noyée dans une mer d’enfants pour bien faire.

Pour la petite histoire, Lennon avait décidé de remplacer le christ dans christmas par un X en clin d’oeil à la censure de The Ballad of John and Yoko par quelques radios américaines puritaines en 1969…

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Do they know it’s Christmas?Band Aid 1984

Dans une des premières chansons lancées dans un but caritatif (ici, pour l’Afrique) le donneur en a pour son argent rayon chanteurs britanniques : le falsetto de Simon Lebon (Duran Duran), la voix sablonneuse de Sting et l’intensité de Bono dans le même trente secondes. L’amateur de synthés kitsch que je suis est aussi servi!

En bonne conscience, j’ai acheté la pièce sur iTunes pour un gros 1,29$… maintenant je vais pouvoir me bourrer la fraise en toute quiétude durant le temps des fêtes! Dieu que je me sens libéré, merci Bono!

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All Alone on ChristmasDarlene Love & The E Street Band

Écrite par Steven Van Zandt (le guitariste de Bruce Springteen), cette pièce fut incluse dans la trame sonore de Home Alone 2 : Lost in New York, d’où un très grand attachement personnel puisque j’ai dû écouter ce film environ 67 fois et 3 quarts. Darlene Love (la chanteuse par excellence de chansons de nowel, une préférée de Phil Spector, comme nous le verrons plus bas) se donne ici à pleins poumons pour ne pas être seule à Noël, appuyée par The E Street Band, l’habituel groupe de Bruce Springsteen, dont la présente est pleine de sens : leur jeu a toujours été pas très loin de la sonorité d’une chanson de Noël et ils simulent à merveille le style spectorien.

Selon ce que le vidéoclip nous montre, Mccauley Culkin lui-même a produit la pièce, faut croire que ça ouvre des portes être ami avec Michael Jackson…

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All I want for Christmas is you Mariah Carey

Bon comme je suis pas à une quétainerie près ça ne me gène absolument pas d’afficher mon amour pour cette pièce majestueuse et entraînante d’une chanteuse à voix. Ça rend joyeux en plus (à part peut-être le petit gars dans Love Actually). On ne réinvente pas la roue ici par contre, le vidéoclip démontre en effet la dette de Carey (qui a participé à l’écriture, pas de blagues) aux grandes années 1960 de la musique de Noël (j’aboutis bientôt à Phil Spector…), mais la grosse production des années 1990 embellit le tout.

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L’album Christmas SongsDiana Krall

Sortez votre chocolat chaud avec vos couvertures laineuses et foutez le feu au foyer, le Noël cool jazz est là. Ça fait très maman comme album (en fait, c’est même une maman qui me l’a fait découvrir : Émilie D. pour ne pas la nommer), mais on passe une douce soirée super bonasse à emballer les cadeaux pendant que les carrés au Rice Krispies refroidissent sur le comptoir.

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L’album A Christmas Gift for you from Phil Spector

Cet album est définitivement le chef d’oeuvre des albums de Noël, rien de moins. La production de Phil Spector (là vous vous dites : bon enfin on va finir par savoir un peu c’est qui) est à son meilleur et c’est sûrement là que l’influence de ce qui s’est avéré finalement être un meurtrier sera la plus durable. Depuis son lancement en 1963 TOUS les albums de Nowel ont repris les arrangements que l’on y retrouve, et même parfois carrément la production : réécoutez Mariah Carey et Darlene Love; normal pour cette dernière puisqu’elle y chante quelques titres, dont la puissante Christmas (Baby please come home)…

Et pour les arrangements, jugez par vous-mêmes

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À votre tour maintenant…

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The Dears, mes chéris. (No Return)

Comme certains d’entre-vous le savent peut-être déjà, je suis absolument fou de The Dears, comme en témoignent ces billets : You and I are a Gang of Losers et Disclaimer. En fait, j’ai un coup de foudre perpétuel pour ce groupe. À chaque fois que j’en découvre un nouveau morceau, je tombe sous le charme.

Tout a commencé au Cégep, lorsque j’ai découvert le groupe avec les simples 22: The Death of All Romance et Lost in the Plot. Puis, par un beau soir de décembre 2006, coup de massue au défunt Spectrum lors d’un spectable mémorable de la tournée Gang of Losers, je n’ai plus été le même homme depuis, c’est tout dire. Quelle voix (Murray Lightburn), quels musiciens, quelle intensité! Ensuite, c’est la folie : l’achat coup sur coup de No Cities Left et Gang of Losers que je branchent en intraveineuse. J’attendis patiemment ma nouvelle dose pour apprendre que le groupe était au bord du naufrage, 4 membres sur 6 ont quitté en 2008, catastrophe! Mais, le chanteur et sa compagne claviériste tiennent le fort et nous offrent Missiles qui me retourne encore tout à l’envers. Nouveau charme avec une nouvelle (et très efficace) équipe en janvier 2009 à l’Église St. James, spectacle mémorable autant pour la musique que pour l’ambiance.

Incapable d’attendre un nouvel album, j’avais encore besoin d’une dose fraîche. J’ai donc fouillé un peu pour trouver un EP lancé en 2001, Orchestral Pop Noir Romantique, dont j’avais entendu quelques bribes. Pratiquement introuvable dans les bacs, j’ai donc dû l’acheter par eBay.

Là, je suis totalement subjugué par l’ensemble, mais plus particulièrement par No Return, qui malgré une certaine longueur dans son introduction, frappe dans le mille avec son romantisme sombre et sa mélodie lyrique. Bref, j’en perd mes mots…

À vous de juger.

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Une présentation de Gaube – Partie 1.

Il y quelques semaines, mon bon ami Gaube m’a proposé un « échange » de critiques de pièces, l’un envoyant une dizaine de minutes de musique à l’autre qui ensuite en fait un commentaire sur son blogue. Eh bien, mon vis-à-vis a déjà complété ses critiques depuis quelques jours déjà, que vous pouvez lire ici.

Considérant que le garçon en question quelques années d’études en musique derrière la cravate, à la lecture de ses critiques vous constaterez qu’il ne lésine pas sur les détails de structure. De plus, de l’autre côté, vous devinez aussi qu’il ne m’a pas fait parvenir le dernier album de Sylvain Cossette non plus.

J’ai donc fait mon gros possible de répondre à ses envois, quatre titres en tout, dans la mesure des capacités des mes oreilles et de mes émotions.

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1) Pierrot  Lunaire Op. 21 – Part 1 – Mondestruken de Schönberg

Cette pièce pourrait être la plus hors de mon champ musical des quatre du lot. Selon les instructions que Gaube a jointes à son envoi, Schönberg est l’un des premiers à avoir fait de la musique atonale. À l’écoute, ça paraît, mais ce n’est pas nécessairement dérangeant. Ça ne m’a pris que trois ou quatre écoutes pour bien apprécier, et avec sincérité.

Dans les émotions ressenties par les oreilles, on entre ici dans un univers qui ne suit pas un chemin précis. En fait, on a l’impression d’écouter Blanche-Neige sur l’acide (soit dit en passant, acide est un mot qui revient un peu trop souvent dans mon vocabulaire lorsque je défini la musique que Gaube écoute, je m’en excuse d’avance, et je m’excuse aussi pour cette très longue parenthèse) ou bien de jouer dans un tableau du niveau de la « Forêt des illusions » de Super Mario World (je sors de nulle part avec ça, je sais). On entend grosso modo : un piano qui se fait mystérieux, une flûte traversière taquine, un violon relativement grinçant et une chanteuse d’opéra qui parle plus qu’elle ne chante. Malgré le mélange éclectique que je décris, la sauce prend.

2) Sweet Charity de Mr. Bungle

Sacré Gaube, ce coquin a personnalisé ses choix en y joignant une pièce qui vient toucher la corde « Brian Wilson/Beach Boys » de ma mélomanie. L’influence du génie californien des harmonies vocales et de l’instrumentation pop est facilement perceptible dans cette pièce. Une réverbération dans les percussions, l’omniprésence de celles-ci, un clavier-clavecin, une douce guitare et le son de basse sans sustain trahissent l’influence wilsonienne. Néanmoins, l’utilisation des voix est un peu plus sautée, moins harmonieuse et va jouer un peu plus dans les basses, ce qui donne à l’exercice une touche intéressante. De plus, dans la structure (pour paraphraser Gaube), Wilson lui-même a rarement été aussi éclaté, on passe du coq à l’âne dans le temps de le dire.

Le plus troublant c’est que l’album dont est tirée la pièce date de 1999 et sa production ressemble en plusieurs points à celle de SMiLE de Brian Wilson lancé en 2004 (avec près de quatre décennies de retard, mais tout de même un des albums essentiels de la décennie selon moi). À croire que le maître s’est rafraîchi l’oreille en l’écoutant, ou que ses élèves ont eu une sacrée prémonition.

3) Messe pour le Temps Présent – Prologue de Pierre Henry

Si Serge Gainsbourg n’a jamais écouté l’album où se retrouve cette pièce de Pierre Henry, eh bien le hasard fait de bien belles choses. En effet, selon moi, cette pièce pourrait très bien trouver sa niche en quelque part dans son légendaire Histoire de Melody Nelson : même son de basse, même batterie presque nonchalante et un ensemble sonore très semblable.

Toutefois, tenir une critique de cette pièce à cette seule comparaison est très réducteur. Maître de l’électro-acoustique (pas la guitare acoustique qui se branche, mais le type de musique/son), Pierre Henry travaille plus sur la texture que sur la musique elle-même – qui peut être considérée comme un simple faire-valoir dans cette pièce. En effet, la basse et la batterie que j’ai décrites, si elles sont à l’avant-plan et auxquelles je donne peut-être trop d’importance, sont entourées de petites percussions qui ressemble à « des petites chaînes qui tombent sur une feuille de métal » alors que la pièce débute et se termine (peut-être) sur un piano enregistré au loin alors que ses cordes semblent (et je tiens à préciser que c’est plus du sentiment qu’une réalité rationnelle) avoir été remplacées par les touches d’un métallophone. Tout ceci avec des petites touches très subtiles de flûte traversière, si je ne m’abuse, ainsi d’orgue combo et de trompette.

4) Préludes 1 – Danseuses de Delphes de Debussy

Considérant ma sensibilité mal exploitée à l’égard des impressionnistes, Gaube m’a fait parvenir cette pièce de Debussy qui fut toutefois pour moi la plus dure à commenter de l’ensemble. En effet, comme la pièce n’est composée que d’un piano, j’ai essayé de bien y réfléchir avant de la commenter pour ne pas écrire une connerie trop vite sortie de mes sentiments.

Dans l’évolution de la structure, la pièce ne brusque rien. Elle vogue lentement et sûrement, si bien qu’on reste surpris après quelques écoutes qu’elle ait monté subtilement en intensité à partir du second tiers et qu’elle prenne une tournure plus grave dans le troisième tiers. L’excellent thème d’ensemble vient et revient, tout en douceur. On peut se laisser facilement envoûter…

Enfin, à moins qu’elles soient complètement stupides, mes oreilles trouvent aussi que l’ensemble n’est pas très loin d’un petit jazz (un anachronisme ici) de fin de soirée avec les lumières tamisées. De plus, ça semble tout aussi bon pour le petit café au lait parisien les jours de pluie. Voilà donc pour l’impression que la pièce de Debussy m’apporte.

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Humbug.

D’emblée… récapitulons : lancé en janvier 2006, le premier album de Arctic Monkeys, Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not, les propulsa instantannément au firmament de l’indie-rock. Surfant sur la hype qui l’entourait, le groupe continua sur sa lancée en jettant sur les tablettes dans l’année qui suivi, coup sur coup, un EP – Who the Fuck are the Arctic Monkeys? ainsi qu’un single hors-album – Leave Before the Lights Come on – pour enfin sortir, un an et demi après le premier, en avril 2007, un second long-jeu, Favourite Worst Nightmare, tout aussi bien accueilli. Si le groupe prit ensuite une petite pause, ce ne fut toutefois pas le cas du chanteur, Alex Turner, qui tabla sur un groupe parrallèle – The Last Shadow Puppets – qui nous offrit une très bonne galette en avril 2008. Et nous voilà, en août 2009, avec un quatrième album en moins de 4 ans pour Mr. Turner avec le Humbug des singes. Un rythme digne des années ’60, quoi. (Pendant ce temps, The Strokes, qui a lancé son dernier album – First Impressions of Earth – avant le premier album des Arctic Monkeys n’a rien sorti depuis et est en principe encore en activité…)

 Dès la première écoute, l’on remarque que les gars de Sheffield (Grande-Bretagne, évidemment) ont ralenti quelque peu la cadence par rapport aux deux précédents albums. Néanmoins, le son est plus lourd. Lourd comme les premiers enregistrements métal – on y décèle quelques traits du Black Sabbath sale des débuts, celui encore teinté de psychédélisme, ou même celui de Queens of the Stone Age… normal son chanteur, Josh Homme, réalise 7 des 10 pièces (James Ford reprend du service pour les 3 autres).

Ainsi donc, guitares, batterie et basse ralentissent la cadence et sonnent un peu plus rond dans l’ensemble. La voix d’Alex Turner se fait aussi un peu plus basse et plus patiente, elle a un peu plus de soul même, elle excelle de plus en plus dans les moments les plus doux. Dans le même registre, des choeurs très bien arrangés (et non des réponses criardes comme auparavant) viennent agrémenter quelques uns des titres.

 L’ouverture, My Proppeler qui agence claviers et guitare acoustique avec un riff que ne renierait pas Metallica, table d’emblée sur les changements que j’ai déjà énoncés. Si elle démare en trombe, elle se calme rapidement pour évoluer tranquillement avec des choeurs et une certaine texture inédite au groupe. Suit le premier simple Crying Lightning, avec sa basse lourde et où on retrouve le son de guitare western spaghetti déjà travaillé sur Favourite Worst Nightmare.  Même chose avec Dangerous Animals, qui aurait certainement trouvé sa place sur ce dernier, mais qui symbolise tout de même à merveille la lourdeur nouvellement empruntée avec un riff relativement headbanger tout comme plus tard Pretty Visitors, qui rappelle The Horrors.

Puis avec Secret Door les Monkeys adoucissent le pas, sans nécessairement ralentir la cadence, et signent ici selon moi l’un de leurs meilleurs titres et l’un des plus émouvants. Bien travaillée, se développant tranquillement, elle aboutit à une finale tout en choeurs magistrale. Les relents de The Last Shadow Puppets y sont certes évidents, mais après l’expérimentation, la maîtrise est faite.

L’album reprend son cours avec Potion Approaching toujours lourd (particulièrement au pont) et salaud. Sur Fire and the Thud, Arctic Monkeys prend résolumment une tournure plus psyché, on se croirait dans un désert du western américain – la signature Josh Homme porte donc ses fruits tout comme Dance Little Liar où le groupe fait l’honneur à Alison Mosshart, de The Kills aux choeurs, d’être la première voix féminine sur un album du groupe. Ensuite, avec Cornestone, on retourne à une sonorité déjà travaillée sur des b-sides tels que No Buses ou The Bakery, Alex Turner s’y fait très lover. La finale, The Jeweller’s Hands, quant à elle, surprend par la richesse de sa texture et ouvre une nouvelle porte pour les prochains soubresauts du groupe…

Tout de même, je ne sens pas que Humbug soit une cassure, l’évolution qu’on y retrouve est tout à fait logique et bienvenue. Il est clair que l’épisode de The Last Shadow Puppets a marqué le travail du groupe, qui en a retenu d’excellentes leçon. Le canon de Arctic Monkeys s’en trouve donc plus qu’enrichi.

Enfin… Meilleur que les deux précédents? Je n’irais pas jusqu’à affirmer ceci, puisque l’album ne contient pas selon moi autant de hits que ceux-ci, mais il pourrait peut-être mieux vieillir que avec ses arrangements plus texturés ainsi que ses paroles plus réfléchies.

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