Archives mensuelles : juin 2008

What’s my age again ?

Oui, vous avez bien lu le titre. Mais si vous ne l’avez pas compris, c’est à se demander où vous étiez en 1999, sûrement pas en plein dans votre adolescence.

Eh oui, le but du présent billet sera de divaguer sur Blink 182 et, plus précisément, sur leur album culte, soit Enema of the State. Pourquoi? Parce que j’ai eu une drôle d’envie de ressortir ce chef d’oeuvre de pop-punk (sic) il y a environ deux semaines alors que je m’apprêtais à faire la vaisselle dans le silence le plus total, peu inspiré par mes achats récents. Pourquoi ne pas piger dans le très vieux matériel ? me dis-je alors. Je pris donc mon courage à deux mains et je m’aventurai dans les ténèbres de ma discothèque, soit dans les dizaines d’album à sonorité pop-punk issus de mon Moyen-âge musical (c’est à dire entre douze à quinze ans environ). J’ai donc jeté mon dévolu sur le fracassant album de ces californiens, dont je possède tous (oui mesdames) les albums.

Avant d’envoyer le laser sur la chose, je me suis demandé si je n’allais pas être porté à stopper l’aventure dès les premiers power chords. Eh bien, il s’avéra que non et que j’ai même renouvelé le fait environ trois à quatre fois depuis ! Enema of the State s’avère être un album toujours écoutable, disons. Malgré la quasi décennie qui nous en sépare et le passage à plusieurs autres modes ainsi que l’évolution psycho-physique d’une grande part de ses auditeurs originels, il a encore réussit à amuser mes oreilles. Pas mal pour un ouvrage qui, selon moi, a relativement très peu réussi à se transmettre aux générations suivantes et qui sombre de plus en plus dans l’oubli.

Maintenant passons au décorticage de la galette. Débutant par l’efficace Dumpweed, l’album prend définitivement une couleur pop avec une réalisation proprette avec un petit beat aux origines punk et une ligne de power chords magistralement accrocheuse. Notons aussi que la voix de Tom Delonge avec le recul est toujours au bord d’être désagréable (en fait, elle l’a toujours été pour plusieurs d’entre vous, mais moi je l’ai toujours bien aimé), pour les néophytes, disons qu’elle ressemble à celle de Simon Proulx des Trois Accords. Puis on enchaine avec Don’t Leave Me, alors que Mark Hoppus prend le relais à la voix, pour le bien de certains d’entre vous, titre que j’ai toujours bien apprécié. Notons ici qu’après deux titres, les paroles n’ont pas beaucoup changé, en effet nous sommes encore dans le carcan des relations interpersonnelles chez les jeunes américains au tournant du millénaire présent.

Mais surprise, un thème totalement ésotérique nous est proposé par Tom dans Aliens Exist. Par contre, on l’oublie très rapidement dès que le lecteur CD (vous pensiez pas que j’écoutais ça en 33 tours?) enchaîne avec Going Away to College qui prend maintenant tout son sens alors que je suis à l’université moi-même (mettons). Puis c’est la révélation et le retour en arrière dans mes pantalons cargo larges ainsi que mes souliers de rouli-roulant lorsque se pointe What’s my Age Again dans mes moniteurs. C’est ici que Blink 182 prend tout son sens avec ses paroles grivoises et son vidéoclip osé pour l’époque (mais depuis, Christina Aguilera a repoussé les limites).

Puis l’album semble stopper avec Dysentery Gary qui vient un peu casser le rythme de l’album (et là je suis vraiment sérieux, c’est du vrai, cette chanson n’avait pas sa place à ce moment là) pour repartir plus lentement avec Adam’s Song. Petit hymne tristounet et incroyablement lent pour Travis Barker, qui se veut tout de même imaginatif là-dessus, je n’ose même pas y imaginer un batteur normal de pop-punk, c’aurait été certainement terrible. C’est là que je dois avouer que l’un des très bon point de Blink 182 n’était pas seulement d’avoir deux chanteurs également cons aux voix totalement différentes mais aussi d’avoir réussi à enrôler ce musicien qui surpasse en talent à peu près cinq fois ses deux comparses. Soulignons aussi que actuellement avec toute la perspective historique que l’on a, on pourrait considérer Adam’s Song comme un initiateur du emo-pop polluant les ondes radiophoniques de nos jours. Mais bon, là je m’avance sur un terrain musicographique très glissant.

Puis arrive le deuxième gros succès souvenir de Enema of the State, soit All the Small Things avec laquelle on avait fait un vidéoclip se moquant des boys bands aussi très en vogue à l’époque. Mais en se penchant de plus près sur ce titre, on se dit « merde c’est pas loin d’être pas mieux que des paroles des Backstreet Boys, j’espère que Blink niaisait là aussi sinon on s’est fait foutument avoir ». Puis on enchaîne avec quatre autres titres moins marquants pour clore l’album, desquelles The Party Song ressort tout de même avec un refrain qui peut facilement rester en tête. Sur Mutt j’en vint vraiment à me demander si le producteur de l’album a pas édité Aliens Exist ainsi que What’s my Age Again ensemble par erreur. En même temps, je me suis dit que je devrais pas écouter du Blink avec autant de concentration, ce que Wendy Clear me rappelle alors que la vitesse à laquelle elle se déroule ne nous donne aucun temps pour poser quelconque question. Puis arrive la fin avec Anthem, qui ne sort aucunement de l’ordinaire.

Sérieusement, c’est bon, mais prévoyez vous un peu de vaisselle sale pour l’apprécier à sa juste valeur si vous avez actuellement plus de seize ans.

P.S. J’ai failli tout abandonner (tout comme vous sûrement) en cours d’écriture, mais j’ai tenu bon, je crois que ça parait dans le propos.

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Tonight in Jungleland…

Je suis inspiré, donc je vais en profiter pour écrire un autre billet pendant que l’enthousiasme y est. Un peu déconnecté des nouvelles découvertes ces temps-ci, et depuis quelques temps même, je suis même débranché du lecteur CD actuellement. Je ne crois pas l’avoir allumé en 2 semaines même, seulement des vinyles ont fait des tours depuis. Du lot, un certain américain du New Jersey, adepte de Telecaster, a pas mal crié dans mes hauts-parleurs dernièrement : Bruce Springsteen.

Alors que son statut ne fait pas l’unanimité dans ma garde rapprochée, j’ai toujours adoré ce porteur de chemise à carreau qui aime bien chantonner des hymnes digne un ouvrier éternellement paumé mais avec la voiture toujours pleine d’essence. La présence de deux claviéristes ainsi que d’un saxophoniste dans sa musique mi-urbaine mi-rurale rendent selon moi sa musique relativement unique. Pour les contemporains, je dirais que ça se rapproche un peu (je fais attention à ce que j’écris là) d’Arcade Fire, l’acordéon en moins, le glockenspiel en commun.

Actuellement, Born to Run de 1975 roule sous la platine de ma table tournante et j’ai du entendre ces sons dès mon très jeune âge car ma mère avait une cassette de cette album qui s’est déroulée par intermittence sur la tête de divers lecteurs cassette (appareils que je honnis maintenant) jusqu’à sa décomposition finale il y a quelques temps je crois. D’emblée, personnellement, je vois cet album comme étant un chef d’œuvre en quelque part entre du Bob Dylan et le Wall of Sound de Phil Spector. Si certains d’entre vous écoutez CHOM par intermittence depuis votre naissance, activement ou passivement, plusieurs des titres de cet enregistrement sont communs à vos oreilles.

Débutant relativement lentement avec l’excellente Thunder Road, avec son harmonica et sa ligne de piano reconnaissables, Born to Run passe au côté plus cuivré de Springsteen avec Tenth Avenue Freeze Out. On passe ensuite à la seconde vitesse avec l’urgente Night qui nous amène pas très loin de New York à mon avis. Puis le Bruce que plusieurs connaissent pour Born in the USA s’époumone dans Backstreets, fermant la première partie de l’album qui avait augmenté en intensité.

Arrive alors ce qui est selon moi LE sommet de l’album au début de la seconde partie, soit le titre éponyme, petit bijou de studio pas très loin de Spector, comme je l’ai soulevé plus haut. Le rock plus dépouillé revient sur She’s the One, pour qu’ensuite l’album ralentisse sur Meeting Across the River, chanson idéale pour un bar situé dans un sous-sol selon moi. Puis arrive l’épique Jungleland qui est sûrement l’une des meilleures fermetures d’album que je n’ai jamais entendu, tellement qu’elle nous laisse sur notre faim, on en redemande. De plus, le solo de saxophone qu’elle contient est absolument génial, tout comme la ligne de piano et de violon qui ouvre le titre.

Bref, aussi ficelé par des paroles fleuves, Born to Run est selon moi un jalon de la musique rock qui allie à merveille simplicité et profondeur instrumentale comme peu peuvent réellement le réussir.

La Bombe : Born to Run ainsi que l’ouverture de Jungleland.
Le Frisson dans le Dos : Le solo de saxophone de Jungleland.
La carte-cachée : Tout ce qui n’est pas Born to Run, Jungleland et Thunder Road, en particulier Night.

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