Intimacy.

Je savais que Bloc Party étaient, ou supposé être actuellement, en studio pour compléter leur troisième album en plus ou moins trois ans et demi. Mais surprise, mardi dernier (le 19 août) les membres du groupe ont annoncé par l’entremise de leur site internet officiel qu’ils le lanceraient digitalement dès le jeudi suivant (le 21 août, soit aujourd’hui, quoi). Un peu désemparé sur le coup, cette sortie n’était prévu dans mon « budget » musical que pour la fin de l’année, j’ai fait « Oh well… fuck off » et j’ai décidé de me procurer Intimacy en prévente hier soir puis Atlantic Records m’a fait parvenir la nuit dernière le lien pour effectuer le téléchargement. Le processus de sortie d’album « à la Radiohead » (In Rainbows était sorti digitalement en octobre dernier puis physiquement en janvier) deviendrait donc de plus en plus commun… mais cette fois je n’aurais pas un méga coffret spécial mais plutôt la version simple physique de l’album qui va me parvenir à la fin octobre pour à peu près le même prix que sur les tablettes.

Ayant adoré leurs deux premiers albums pour des raisons différentes, ce qui est bon signe, j’étais pas mal curieux d’entendre leurs prochains enregistrements puisque le single hors-album Flux ainsi que le premier d’Intimacy, Mercury, ont des sonorités très électro et dance. En guise de comparaison, Silent Alarm s’inscrivait dans la lignée du retour en force des guitares tranchantes du début de la décennie tandis que A Weekend in the City jouait plutôt dans les ambiances planantes, majoritairement sombres par contre, tout en gardant une partie de l’urgence du premier.

J’ai donc pris le risque de l’achat sans avoir entendu autre chose que Mercury, dont j’avais eu à l’origine les plus grands maux à apprécier. Eh bien, après une bonne journée d’écoute, Intimacy m’a complètement séduit et ce même dès la première écoute complète, ce qui dans mon cas est assez peu fréquent. Rapidement, on se rend compte qu’en général l’album repose sur des rythmes très électroniques et à la limite du dance tandis que l’ambiance de l’album est disons plus éclairée que dans A Weekend in the City, qui frisait selon moi la déprime totale la moitiée du temps.

L’album débute sur Ares qui après quelques secondes nous ramène près de SIlent Alarm avec une bonne évolution au niveau du bidouillage électronique. Rythme tribal, guitare traitée et urgente, voix possédées, elle accroche l’oreille rapidement. Mercury avec sa section de cuivres échantillonés penche du côté de la danse mystérieuse et le traitement de la voix au séquenceur est efficace, ici on est encore dans la même ambiance que sur le premier titre, transition parfaite. Avec Halo, on est encore une fois plus près du premier album de Bloc Party avec ses power-chords rapides et overdrivés mais avec une production plus grandiose. C’est ici que je me dois de vous dire que j’adore le son du guitariste Russel Lissack qui se rapproche de celui de Jonny Greenwood avec une grande utilisation de la palette d’effets électroniques, parfois même de Tom Morrelo.

Puis sur Biko, Intimacy prend une petite pause qui se rapproche plus de A Weekend in the City avec une guitare tranquille, douce et reverbée, ce avec une batterie électro qui orne sa seconde moitiée. Mais le tout repart de plus bel avec Trojan Horse qui débute sur un rythme distorsionné pour ensuite évoluer sur quelque chose de plus conventionnel avec les guitares. Avec Signs, Bloc Party font une utilisation parfaite du glockenspiel dans une ambiance proche de Everything in its Right Place de Radiohead. Me demandez pas pourquoi, mais je n’ai pas l’impression d’avoir jamais entendu un aussi bon enregistrement de cet instrument…

One Minute Off porte le mauvais nom, la pièce est totalement urgente et possédée avec une bonne alliance entre les claviers et des guitares ultra-présentes. Quant à elle, Zepherus est la plus électronique de l’album avec une multitude de séquences de voix et une absence de totale d’instruments acoustiques, réussie tout de même, on comprend parfaitement l’idée. La fin approche et Better than Heaven semple résumer à merveille l’allure de l’album : guitare mystérieuse puis tranchante, rythme urgent (Matt Tong en est un spécialiste, sûrement l’un des meilleurs batteurs de sa génération même), claviers divers, etc.

Enfin, Ion Square qui rappelle un peu I Still Remember de l’album précédent. Pop, elle permet à Bloc Party de clore, pour une fois, un album de manière relativement enjouée.

Bref, troisième album très réussi pour ces Britanniques que je suis depuis leurs débuts sur disque, ma critique est peut-être prématurée toutefois. Mais j’ai le sentiment que j’apprécierai plus Intimacy que A Weekend in the City et qu’il semble être un retour vers Silent Alarm mais avec de nouveaux moyens de production appris entretemps. À conseiller pour les amateurs…

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