Archives mensuelles : septembre 2009

Humbug.

D’emblée… récapitulons : lancé en janvier 2006, le premier album de Arctic Monkeys, Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not, les propulsa instantannément au firmament de l’indie-rock. Surfant sur la hype qui l’entourait, le groupe continua sur sa lancée en jettant sur les tablettes dans l’année qui suivi, coup sur coup, un EP – Who the Fuck are the Arctic Monkeys? ainsi qu’un single hors-album – Leave Before the Lights Come on – pour enfin sortir, un an et demi après le premier, en avril 2007, un second long-jeu, Favourite Worst Nightmare, tout aussi bien accueilli. Si le groupe prit ensuite une petite pause, ce ne fut toutefois pas le cas du chanteur, Alex Turner, qui tabla sur un groupe parrallèle – The Last Shadow Puppets – qui nous offrit une très bonne galette en avril 2008. Et nous voilà, en août 2009, avec un quatrième album en moins de 4 ans pour Mr. Turner avec le Humbug des singes. Un rythme digne des années ’60, quoi. (Pendant ce temps, The Strokes, qui a lancé son dernier album – First Impressions of Earth – avant le premier album des Arctic Monkeys n’a rien sorti depuis et est en principe encore en activité…)

 Dès la première écoute, l’on remarque que les gars de Sheffield (Grande-Bretagne, évidemment) ont ralenti quelque peu la cadence par rapport aux deux précédents albums. Néanmoins, le son est plus lourd. Lourd comme les premiers enregistrements métal – on y décèle quelques traits du Black Sabbath sale des débuts, celui encore teinté de psychédélisme, ou même celui de Queens of the Stone Age… normal son chanteur, Josh Homme, réalise 7 des 10 pièces (James Ford reprend du service pour les 3 autres).

Ainsi donc, guitares, batterie et basse ralentissent la cadence et sonnent un peu plus rond dans l’ensemble. La voix d’Alex Turner se fait aussi un peu plus basse et plus patiente, elle a un peu plus de soul même, elle excelle de plus en plus dans les moments les plus doux. Dans le même registre, des choeurs très bien arrangés (et non des réponses criardes comme auparavant) viennent agrémenter quelques uns des titres.

 L’ouverture, My Proppeler qui agence claviers et guitare acoustique avec un riff que ne renierait pas Metallica, table d’emblée sur les changements que j’ai déjà énoncés. Si elle démare en trombe, elle se calme rapidement pour évoluer tranquillement avec des choeurs et une certaine texture inédite au groupe. Suit le premier simple Crying Lightning, avec sa basse lourde et où on retrouve le son de guitare western spaghetti déjà travaillé sur Favourite Worst Nightmare.  Même chose avec Dangerous Animals, qui aurait certainement trouvé sa place sur ce dernier, mais qui symbolise tout de même à merveille la lourdeur nouvellement empruntée avec un riff relativement headbanger tout comme plus tard Pretty Visitors, qui rappelle The Horrors.

Puis avec Secret Door les Monkeys adoucissent le pas, sans nécessairement ralentir la cadence, et signent ici selon moi l’un de leurs meilleurs titres et l’un des plus émouvants. Bien travaillée, se développant tranquillement, elle aboutit à une finale tout en choeurs magistrale. Les relents de The Last Shadow Puppets y sont certes évidents, mais après l’expérimentation, la maîtrise est faite.

L’album reprend son cours avec Potion Approaching toujours lourd (particulièrement au pont) et salaud. Sur Fire and the Thud, Arctic Monkeys prend résolumment une tournure plus psyché, on se croirait dans un désert du western américain – la signature Josh Homme porte donc ses fruits tout comme Dance Little Liar où le groupe fait l’honneur à Alison Mosshart, de The Kills aux choeurs, d’être la première voix féminine sur un album du groupe. Ensuite, avec Cornestone, on retourne à une sonorité déjà travaillée sur des b-sides tels que No Buses ou The Bakery, Alex Turner s’y fait très lover. La finale, The Jeweller’s Hands, quant à elle, surprend par la richesse de sa texture et ouvre une nouvelle porte pour les prochains soubresauts du groupe…

Tout de même, je ne sens pas que Humbug soit une cassure, l’évolution qu’on y retrouve est tout à fait logique et bienvenue. Il est clair que l’épisode de The Last Shadow Puppets a marqué le travail du groupe, qui en a retenu d’excellentes leçon. Le canon de Arctic Monkeys s’en trouve donc plus qu’enrichi.

Enfin… Meilleur que les deux précédents? Je n’irais pas jusqu’à affirmer ceci, puisque l’album ne contient pas selon moi autant de hits que ceux-ci, mais il pourrait peut-être mieux vieillir que avec ses arrangements plus texturés ainsi que ses paroles plus réfléchies.

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The Beatles – Remastérisation – Mon prologue – A Hard Day’s Night en Mp3

Je ne sais toujours pas quoi faire par rapport à la remastérisation de la discographie des Beatles. Possédant trois albums en CD (Abbey Road, White Album et Revolver) ainsi que quatre autres en vinyle (Meet the Beatles, Sgt Pepper’s, Hey Jude ainsi que Magical Mystery Tour), j’hésite entre tout racheter, en coffret pour sauver au total, ou acheter à la pièce à l’humeur sur plusieurs mois. Par dessus ça, il y a aussi le coffret Mono qui est très tentant – puisque c’était le seul mixage supervisé par les Beatles eux-mêmes jusqu’à Abbey Road et que cela est pour moi vraiment de l’inédit et ayant déjà fait l’écoute de Sgt. Pepper’s sous ce format je peux vous garantir que c’est une toute autre expérience.

Par contre, j’ai mis la main – merci à mon frangin – sur les MP3 de A Hard Day’s Night, ce qui donne quand même une très bonne idée de la chose; quoi qu’une écoute à pleine vapeur avec un système de son de qualité est nécessairement de mise pour en avoir le coeur net selon moi.

Comme A Hard Day’s Night fait partie du canon yé-yé des Beatles, je crois aussi que l’écoute d’albums tels que Rubber Soul, Magical Mystery Tour ou Abbey Road – de par leur complexité et leurs détails – remastérisés doit être une toute autre expérience.

Néanmoins, l’écoute de la galette en question est tout aussi pertinente à mes oreilles puisque les premiers enregistrements du groupe sont nécessairement ceux dont la qualité de l’enregistrement initial – mais pas nécessairement du contenu, je précise – laissait le plus à désirer, pour des raisons de moyens évidemment. La remastérisation semble donc avoir éclairci ces albums – disons de Please Please Me à Help.

C’est donc ce que l’on entend très clairement dès le premier (fameux) accord de A Hard Day’s Night. Par rapport à la version CD des années 80, le son est plus direct et moins étouffé.

Rapidement : la basse est plus ronde et profonde, les guitares mieux séparées et claires, les voix très claires et plus définies en harmonie. Néanmoins, je n’ai pas eu l’impression que la batterie y ait tant gagné au change – ce qui est sûrement dû aux techniques primitives d’enregistrement de la batterie du temps (2-3 micros alors contre 167 et 4/10 maintenant pour un seul kit de 2 toms et une moitié de cymbale). Les percussions y sont toutefois très claires, tout comme l’harmonica de John sur I Should Have Known Better. De plus, l’on remarque à certains moments des lignes de piano, très subtiles parfois, que l’on avait pas vraiment entendues auparavant.

Enfin, petite précision, c’est une remastérisation à la quelle nous avons droit et non un remixage comme Love – que j’ai adoré pour ce fait. Ce faisant, les gens qui sont rebutés par le mixage (ultra) stéréo des Beatles – avec la voix d’un côté et le reste de l’autre – comme j’en suis parfois – seront déçu d’apprendre qu’il n’a pas été changé pour une miette. Par contre, la définition des instruments y ayant gagné, le fait stéréo en devient moins lourd à supporter lorsqu’on l’écoute avec écouteurs.

Bref, je viens d’écrire près de 500 mots pour un seul album… imaginez quand j’aurai écouté tous les autres!

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Franz Ferdinand – Métropolis (Montréal) – 31 août 2009.

Solide et imprévisible. Voilà qui définit selon moi l’excellent spectacle qu’a offert (hier soir) Franz Ferdinand au Métropolis de Montréal.

Solide : parce que le groupe ne s’est pas pratiquement jamais arrêté de jouer – hormis pour un intermède avant une finale endiablée – et qu’il nous a lancé hit par dessus hit – normal après trois albums – ce en démarant en trombe avec No You Girls et enchaînant Michael par dessus Take Me Out et Do You Want To?, du bonbon.

Imprévisible : Parce que le groupe ne trempe pas dans le genre de spectacle où l’on a l’impression que les musiciens pèsent sur la touche Play de leur séquenceur et se contentent de faire du lipsynch sans émotion (genre The Killers apparement)… non madame! Franz Ferdinand fait quelque peu dans l’improvisation et la relecture des ses pièces, sans jamais y perdre son public. Ainsi, ils ajoutent une dimension qui colle on ne peut plus mieux à leur approche dance du rock. J’avais des appréhensions vis-à-vis de l’interprétation de Lucid Dreams, qui sur album prend une tournure résolument électro-dance… eh bien, ils ont dépassé mes attentes en terminant avec ce titre et en réussissant à ne pas être ennuyant.

En bonus : le chanteur Alex Kapranos qui nous fait la conversation dans un français clair et charmant à souhait.

Bref, à voir absolument en spectacle pour n’importe amateur de musique qui fait danser et tapper du pied.

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Sinon, voici le vidéoclip pour Can’t Stop Feeling, tout simplement génial.

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