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Computer Camp Love.

La démocratisation informatique effectuée avec l’entrée en jeu des micro-ordinateurs (quel mot tellement ’80’s…) personnels abordables depuis une quinzaine d’années a depuis quelques années un effet certain sur la manière de faire la musique. De nos jours, l’on peut, moyennant quelques centaines de dollars évidemment, monter son propre petit studio personnel d’enregistrement dans le confort de son salon, encore faut-il avoir des connaissances de base dans le domaine. Un certain renouveau de la musique électronique s’effectue évidemment grâce à ceci et la musique rock y échappe de moins en moins. Datarock, selon moi, en est certainement l’une des meilleures preuves (avec un nom comme ça…) alors que leur album Datarock Datarock a été auto-produit par les deux membres (reste à voir comment ils traverseront l’épreuve du live par contre…)

Lancé en 2005 dans leur contrée d’origine, soit la Norvège, l’album de Datarock n’est apparu dans nos bacs que cette année (question de distribution sûrement, quoi que certains mélomanes plus avertis devaient le connaître depuis…). Donc ça sonne comment du Datarock ? Eh bien, c’est très dansant et ça nous semble tout droit sorti des années ’80, réalisation et sonnorité kitsch en moins.

L’album débute avec Bulldozer rare titre de l’album basé sur la guitare où l’on apprend que le  » Bmx is better than sex « , belle entrée en la matière dans l’environnement de science-fiction grivoise des deux accolytes. À partir du deuxième titre, I Used to Dance with my Daddy, on sait à quoi s’en tenir avec le groupe et c’est là que leur sonnorité s’installe, soit du électro-dance-rock (paquet de claviers et de programmation). Computer Camp Love arrive comme étant une romance de geeks dans un camp d’informatique et toutes questions qui s’en suivent (She’s not that kind of a girl booger / Why, does she have a penis ?). C’est avec Fa-fa-fa qu’on voit qu’on peut faire un lien entre Datarock et Franz Ferdinand qui avait rouvert la porte au dance-rock en 2004 selon moi, sur ce titre on peut avoir l’impression d’entendre la voix d’Alex Kapranos de Franz Ferdiand dans un univers plus eighties et disco-rock digne de XTC ou Gang of Four. Ces deux dernières influences ressortent musicalement aussi dans le titre suivant Princess, qui fait une comparaison entre une rencontre du troisième type et un crush sur un plancher de dance ! Ganguro girl arrive comme étant le titre le plus radio-friendly où fait son apparition une guitare acoustique, je sais pas pourquoi j’y ai l’impression d’entendre du Jack Johnson (oui moi aussi je suis supris d’écrire ce nom à l’instant, mais c’est ce qui me vient à l’esprit) avec des claviers, belle chanson de plage en fait…

See what I care semble tout droit sortie d’un album de Duran Duran, refrain anthémique en moins. Sort alors hommage électro-rock à Lou Reed (I want to be Lou Reed, cause I ain’t) où la guitare sonne en effet très Velvet Underground. The New Song sonne carrément comme un titre urgent digne de Kaiser Chiefs, donc très britpop, tandis que Ugly Primadona et The Most Beautiful Girl sont les titres électro par excellence de l’album et les plus space (c’est ici que le jeu d’ordinateur paraît le plus). Franz Ferdinand et XTC semblent nous revenir après quelques petits coups de claviers dans Sex me Up (quel titre plus digne de FF ?). Mais l’album finit sur un coup de canon ultra disco avec I will Always Remember you, la tentative la plus réussie depuis des lunes de recréer l’ambiance disco ! Tout y est : les cordes (quoi que maintenant synthétisées), la basse omniprésente, la guitare funk, les petits coups de piano ainsi que la présence féminine de la chanteuse pop norvégienne Annie ce qui rend le titre digne d’ABBA !

Voilà donc un album de syncrétisme musical aigu très réussi selon moi et une de mes belles surprises de 2007 de la part d’un duo de traumatisé des années ’80!

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