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Humbug.

D’emblée… récapitulons : lancé en janvier 2006, le premier album de Arctic Monkeys, Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not, les propulsa instantannément au firmament de l’indie-rock. Surfant sur la hype qui l’entourait, le groupe continua sur sa lancée en jettant sur les tablettes dans l’année qui suivi, coup sur coup, un EP – Who the Fuck are the Arctic Monkeys? ainsi qu’un single hors-album – Leave Before the Lights Come on – pour enfin sortir, un an et demi après le premier, en avril 2007, un second long-jeu, Favourite Worst Nightmare, tout aussi bien accueilli. Si le groupe prit ensuite une petite pause, ce ne fut toutefois pas le cas du chanteur, Alex Turner, qui tabla sur un groupe parrallèle – The Last Shadow Puppets – qui nous offrit une très bonne galette en avril 2008. Et nous voilà, en août 2009, avec un quatrième album en moins de 4 ans pour Mr. Turner avec le Humbug des singes. Un rythme digne des années ’60, quoi. (Pendant ce temps, The Strokes, qui a lancé son dernier album – First Impressions of Earth – avant le premier album des Arctic Monkeys n’a rien sorti depuis et est en principe encore en activité…)

 Dès la première écoute, l’on remarque que les gars de Sheffield (Grande-Bretagne, évidemment) ont ralenti quelque peu la cadence par rapport aux deux précédents albums. Néanmoins, le son est plus lourd. Lourd comme les premiers enregistrements métal – on y décèle quelques traits du Black Sabbath sale des débuts, celui encore teinté de psychédélisme, ou même celui de Queens of the Stone Age… normal son chanteur, Josh Homme, réalise 7 des 10 pièces (James Ford reprend du service pour les 3 autres).

Ainsi donc, guitares, batterie et basse ralentissent la cadence et sonnent un peu plus rond dans l’ensemble. La voix d’Alex Turner se fait aussi un peu plus basse et plus patiente, elle a un peu plus de soul même, elle excelle de plus en plus dans les moments les plus doux. Dans le même registre, des choeurs très bien arrangés (et non des réponses criardes comme auparavant) viennent agrémenter quelques uns des titres.

 L’ouverture, My Proppeler qui agence claviers et guitare acoustique avec un riff que ne renierait pas Metallica, table d’emblée sur les changements que j’ai déjà énoncés. Si elle démare en trombe, elle se calme rapidement pour évoluer tranquillement avec des choeurs et une certaine texture inédite au groupe. Suit le premier simple Crying Lightning, avec sa basse lourde et où on retrouve le son de guitare western spaghetti déjà travaillé sur Favourite Worst Nightmare.  Même chose avec Dangerous Animals, qui aurait certainement trouvé sa place sur ce dernier, mais qui symbolise tout de même à merveille la lourdeur nouvellement empruntée avec un riff relativement headbanger tout comme plus tard Pretty Visitors, qui rappelle The Horrors.

Puis avec Secret Door les Monkeys adoucissent le pas, sans nécessairement ralentir la cadence, et signent ici selon moi l’un de leurs meilleurs titres et l’un des plus émouvants. Bien travaillée, se développant tranquillement, elle aboutit à une finale tout en choeurs magistrale. Les relents de The Last Shadow Puppets y sont certes évidents, mais après l’expérimentation, la maîtrise est faite.

L’album reprend son cours avec Potion Approaching toujours lourd (particulièrement au pont) et salaud. Sur Fire and the Thud, Arctic Monkeys prend résolumment une tournure plus psyché, on se croirait dans un désert du western américain – la signature Josh Homme porte donc ses fruits tout comme Dance Little Liar où le groupe fait l’honneur à Alison Mosshart, de The Kills aux choeurs, d’être la première voix féminine sur un album du groupe. Ensuite, avec Cornestone, on retourne à une sonorité déjà travaillée sur des b-sides tels que No Buses ou The Bakery, Alex Turner s’y fait très lover. La finale, The Jeweller’s Hands, quant à elle, surprend par la richesse de sa texture et ouvre une nouvelle porte pour les prochains soubresauts du groupe…

Tout de même, je ne sens pas que Humbug soit une cassure, l’évolution qu’on y retrouve est tout à fait logique et bienvenue. Il est clair que l’épisode de The Last Shadow Puppets a marqué le travail du groupe, qui en a retenu d’excellentes leçon. Le canon de Arctic Monkeys s’en trouve donc plus qu’enrichi.

Enfin… Meilleur que les deux précédents? Je n’irais pas jusqu’à affirmer ceci, puisque l’album ne contient pas selon moi autant de hits que ceux-ci, mais il pourrait peut-être mieux vieillir que avec ses arrangements plus texturés ainsi que ses paroles plus réfléchies.

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CHOM.

La radio de CHOM 97.7 FM c’est une légende au Québec – à tout le moins dans le rayon de diffusion de la station -, presque tous les amateurs de rock du pays, vieux et moins vieux, connaissent la station, c’est un must. Personnellement, si je ne trouve rien à mon goût sur les ondes, je retourne automatiquement, sans même y penser, à cette station. C’est un réflexe héréditaire chez des gens comme moi, élévés par un ou des parents qui synthonisait ad vitam eternum le 99,7 FM, sauf parfois pour écouter les émissions d’humour des canaux francophones – qui ne sont plus aussi drôle qu’avant d’ailleurs (la présence d’Éric Salvail est patente).

Mais personne ne parle vraiment de CHOM dans les médias, c’est une espèce de gros bouche à oreille – le repère caché des vieux rockers québécois. De plus, si la station est anglophone… je ne connais que des auditeurs francophones. Ainsi, si vous êtes attentifs à l’écoute, lorsqu’il y a des concours ou des demandes spéciales en ondes, l’anglais très cassé des participants trahit indubitablement leur langue maternelle.

Grosso modo, le fait anglophone de CHOM s’explique par la législation du CRTC qui oblige – avec raison tout de même, selon moi – les canaux francophones à diffuser 60% de musique francophone québécoise – une obligation que n’a pas une chaîne anglophone. Mais, dans le domaine du Classic Rock – le segment visé par le 97.7 – disons que l’offre franco-québécoise est famélique… et même parfois très quétaine. Néanmoins, la station diffuse tout de même de temps à autre du Beau Dommage, Harmonium, Offenbach et Pagliaro, tandis leurs animateurs font parfois quelques commentaires en français, juste de même.

Justement,  parlons de ces animateurs. Excepté Sharon Hyland, qui est une femme – en tout cas, je n’entends pas vraiment une pomme d’Adam résonner dans sa voix -, je n’arrive pas à différencier les animateurs mâles. Même après près de 22 ans d’écoute, et des séances plus attentives pour tenter de les distinguer, niet, toujours le même gars avec une grosse voix cool qui me vient à l’esprit, qu’il soit 8h, 16h ou 3h33 du matin.

Enfin, venons en au contenu musical de CHOM. Empiriquement parlant, dès lors que nous synthonisons le poste, nous avons une chance sur quatre de tomber soit sur :

  1. Stairway to Heaven de Led Zeppelin
  2. The Spirit of the Radio de Rush
  3. Summer of ’69 de Bryan Adams
  4. American Woman de The Guess Who

Vous remarquerez que trois de ces quatre titres sont canadiens, c’est que les chaînes radio anglophones ont elles aussi une obligation de passer 60% de contenu canadien en onde. Ce qui fait que les Rush, Adams, Guess Who et autres Neil Young ainsi que BTO jouent souvent en ondes, étant pratiquement les meilleurs rockers canadiens. De plus, on a aussi droit à des artistes plus obscurs maintenant mais potables tels que April Wine, Colin James ou Kim Mitchell.

Par contre, l’envers de la médaille du contenu canadien, c’est que pour ne pas trop se répéter – car on a vite fait le tour du jardin classic rock canadian comme vous pouvez le constaster – les disc-jokeys de CHOM passent du Nickelback, Puddle of Mudd et Tea Party, soit du gros cacacanadien bien sale à mes oreilles (comme on en fait partout dans le monde tout de même).

Entre tout ça, dans le 40% de contenu non-canadien, là c’est le Pérou, Led Zeppelin par dessus Genesis, Pink Floyd, David Bowie, Bob Dylan, The Beatles, The Eagles, U2, The Clash, The Doors, Black Sabbath, Yes, The Rolling Stones, etc. etc. Donc, tout du bon pour une éducation musicale saine au classic rock

C’est tout ça CHOM pour moi. Voilà.

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