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Faudrait vous apprendre à danser.

Combo montréalais faisant dans le rock indé avec guitares tranchantes et beaucoup d’attitude, Chinatown est apparu dans mes oreilles il y a de cela environ un an et demi par l’entremise de son espace MySpace, nous proposant alors des enregistrements de qualité pour un groupe non signé. Sa sensibilité pop certaine ainsi que la force de ses textes avaient su attirer mon attention. Signé par Tacca, un gros joueur dans l’industrie québécoise du disque, le groupe a pu enregistrer son premier album La Cité d’Or, réalisé par Gus Van Go (ex-Me mom and Morgentaler) et Werner F, responsables des trois albums de The Stills ainsi que de l’excellent Compter les Corps des Vulgaires Machins. Voici donc, dans les quelques lignes qui suivent, mes impressions sur un excellent album, qui est partie prenante de la trame sonore de mon été (ou de ce qui prétend être un été, enfin)…

Démarrant en trombe avec ce qui s’avère selon moi être la bombe de la galette, soit Apprendre à danser, La Cité d’Or ralentit ensuite relativement mais Chinatown s’avère solide sur toute la longueur : richesses des arrangements et des choeurs, force et justesse des guitares, une section rythmique réglée au quart de tour ainsi que, comme je l’ai déjà souligné, des textes très bien travaillés et riches. Si ces derniers semblent avoir une certaine touche très romantique qui rebutera peut-être certaines oreilles au premier abord, ils ne sombrent jamais dans l’eau de rose et sont dotés d’une ironie bien aiguisée.

Passant du rock indé pur (Pénélope, Perdre son temps, Flashs de paranoîa),  à la chanson (Du jazz avec l’apocalypse) à quelque chose près du Yé-yé (Tu es un hit) Chinatown maîtrise à merveille son jeu et s’avère très habile à varier le ton avec quelques titres plus doux qui évoluent lentement mais sûrement (Carrousel, L’automne, Salut vieux monde sale) ou de rock léger (Bateau de querelle, Secousses, La vrille). Fait à souligner, honorant (peut-être par accident) sa dénomination, le groupe adopte aussi parfois des petites tournures mélodiques orientales… quoi que tout le monde utilise la gamme penthatonique.

En somme, Chinatown s’inscrit, selon moi, aux côtés de Bonjour Brumaire dans une maîtrise francophone du rock indé à guitares (avec touches de claviers, certes) au Québec, ce qui n’est pas sans me réjouir, épris que je suis du pendant anglophone de la chose. De plus, les ayant vu en spectacle aux dernières Francofolies de Montréal, je me dois aussi de souligner la solidité de leur prestation ainsi que la justesse de leurs choeurs, ce qui a dépassé mes attentes.

À découvrir si vous aimez : The Stills, Bonjour Brumaire


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Orange Orange.

J’ai eu un petit coup d’inspiration ce matin (parce que 12h45 ces temps-ci, c’est pas mal tôt le matin pour moi) et celui-ci m’amène à déroger de mes habitudes d’écriture d’un billet. Sans parler d’un album en particulier, je vais ici vous entretenir tout simplement d’un petit duo de, ce que je pourrais appeler, Power Pop électronique que j’ai eu le plaisir de découvrir ces derniers temps : Orange Orange. Formé d’un des membres de Gatineau, DomHamell (selon le Myspace de la paire) ainsi que d’une certaine Sabrina « Sabotage » Bellemare, j’ai repéré ce groupe par pur hasard en juin dernier. Mais, pour l’anecdote, ce hasard fut en vérité provoqué de toute pièce avec l’aide de mon acolyte Gaube alors que nous nous étions promis d’aller voir un show au Quai des Brumes sans prendre connaissance d’avance de l’identité nos hôtes de la soirée.

En gros, nous avons été agréablement surpris et très satisfaits de la prestation à laquelle nous avons assisté ce soir là. Dans les faits, disons que de voir autre chose qu’une éternelle formation Guit/Bass/Drum/Vocals a sûrement aidé aussi puisque la paire base sa musique surtout sur les claviers, l’échantillonage de leurs voix ainsi qu’une rythmique de guitare. Il est très probable que je ne sois pas tout à fait au courant de développements de groupes semblables au sein de la scène locale québécoise, mais j’ai trouvé Orange Orange très raffraîchissant et j’ai fait une agréable découverte instrumentale en la moitiée masculine du duo. Ce dernier fait des expérimentations très intéressantes avec des instruments inhabituels, souvent trafiqués, ce qu’il a aussi démontré lors de la prestation de Gatineau au spectacle de clôture des Francofolies à laquelle j’ai aussi assisté.

J’ai quelques misères à vous décrire correctement comment sonne Orange Orange mais disons que c’est de la pop bien pensée et extrêmement bien ficelée… L’utilisation des séquenceurs est très efficace, une guitare rythmique agrémente souvent le tout et les claviers très 80’s sont directement dans ma palette de couleurs. Le traitement lo-fi des voix est aussi intéressant avec l’utilisation d’un combiné de téléphone ainsi que de vieux écouteurs comme micros. Enfin, je dois avouer que j’aime le petit timbre nasillard dans la voix de DomHamell qui fait penser à la voix de Trevor Horn de The Buggles dans la fameuse Video killed the Radio Star. Mais bon, c’est peut-être encore le fruit de l’une de mes inombrables hallucinations auditives…

Bref, Orange Orange est un duo que je vous invite à découvrir avec plaisir sur leur MySpace (http://www.myspace.com/orangeorangeduo) et que mon propre plaisir regrette d’avoir manqué aux dernières Francofolies…

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