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Une présentation de Gaube – Partie 1.

Il y quelques semaines, mon bon ami Gaube m’a proposé un « échange » de critiques de pièces, l’un envoyant une dizaine de minutes de musique à l’autre qui ensuite en fait un commentaire sur son blogue. Eh bien, mon vis-à-vis a déjà complété ses critiques depuis quelques jours déjà, que vous pouvez lire ici.

Considérant que le garçon en question quelques années d’études en musique derrière la cravate, à la lecture de ses critiques vous constaterez qu’il ne lésine pas sur les détails de structure. De plus, de l’autre côté, vous devinez aussi qu’il ne m’a pas fait parvenir le dernier album de Sylvain Cossette non plus.

J’ai donc fait mon gros possible de répondre à ses envois, quatre titres en tout, dans la mesure des capacités des mes oreilles et de mes émotions.

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1) Pierrot  Lunaire Op. 21 – Part 1 – Mondestruken de Schönberg

Cette pièce pourrait être la plus hors de mon champ musical des quatre du lot. Selon les instructions que Gaube a jointes à son envoi, Schönberg est l’un des premiers à avoir fait de la musique atonale. À l’écoute, ça paraît, mais ce n’est pas nécessairement dérangeant. Ça ne m’a pris que trois ou quatre écoutes pour bien apprécier, et avec sincérité.

Dans les émotions ressenties par les oreilles, on entre ici dans un univers qui ne suit pas un chemin précis. En fait, on a l’impression d’écouter Blanche-Neige sur l’acide (soit dit en passant, acide est un mot qui revient un peu trop souvent dans mon vocabulaire lorsque je défini la musique que Gaube écoute, je m’en excuse d’avance, et je m’excuse aussi pour cette très longue parenthèse) ou bien de jouer dans un tableau du niveau de la « Forêt des illusions » de Super Mario World (je sors de nulle part avec ça, je sais). On entend grosso modo : un piano qui se fait mystérieux, une flûte traversière taquine, un violon relativement grinçant et une chanteuse d’opéra qui parle plus qu’elle ne chante. Malgré le mélange éclectique que je décris, la sauce prend.

2) Sweet Charity de Mr. Bungle

Sacré Gaube, ce coquin a personnalisé ses choix en y joignant une pièce qui vient toucher la corde « Brian Wilson/Beach Boys » de ma mélomanie. L’influence du génie californien des harmonies vocales et de l’instrumentation pop est facilement perceptible dans cette pièce. Une réverbération dans les percussions, l’omniprésence de celles-ci, un clavier-clavecin, une douce guitare et le son de basse sans sustain trahissent l’influence wilsonienne. Néanmoins, l’utilisation des voix est un peu plus sautée, moins harmonieuse et va jouer un peu plus dans les basses, ce qui donne à l’exercice une touche intéressante. De plus, dans la structure (pour paraphraser Gaube), Wilson lui-même a rarement été aussi éclaté, on passe du coq à l’âne dans le temps de le dire.

Le plus troublant c’est que l’album dont est tirée la pièce date de 1999 et sa production ressemble en plusieurs points à celle de SMiLE de Brian Wilson lancé en 2004 (avec près de quatre décennies de retard, mais tout de même un des albums essentiels de la décennie selon moi). À croire que le maître s’est rafraîchi l’oreille en l’écoutant, ou que ses élèves ont eu une sacrée prémonition.

3) Messe pour le Temps Présent – Prologue de Pierre Henry

Si Serge Gainsbourg n’a jamais écouté l’album où se retrouve cette pièce de Pierre Henry, eh bien le hasard fait de bien belles choses. En effet, selon moi, cette pièce pourrait très bien trouver sa niche en quelque part dans son légendaire Histoire de Melody Nelson : même son de basse, même batterie presque nonchalante et un ensemble sonore très semblable.

Toutefois, tenir une critique de cette pièce à cette seule comparaison est très réducteur. Maître de l’électro-acoustique (pas la guitare acoustique qui se branche, mais le type de musique/son), Pierre Henry travaille plus sur la texture que sur la musique elle-même – qui peut être considérée comme un simple faire-valoir dans cette pièce. En effet, la basse et la batterie que j’ai décrites, si elles sont à l’avant-plan et auxquelles je donne peut-être trop d’importance, sont entourées de petites percussions qui ressemble à « des petites chaînes qui tombent sur une feuille de métal » alors que la pièce débute et se termine (peut-être) sur un piano enregistré au loin alors que ses cordes semblent (et je tiens à préciser que c’est plus du sentiment qu’une réalité rationnelle) avoir été remplacées par les touches d’un métallophone. Tout ceci avec des petites touches très subtiles de flûte traversière, si je ne m’abuse, ainsi d’orgue combo et de trompette.

4) Préludes 1 – Danseuses de Delphes de Debussy

Considérant ma sensibilité mal exploitée à l’égard des impressionnistes, Gaube m’a fait parvenir cette pièce de Debussy qui fut toutefois pour moi la plus dure à commenter de l’ensemble. En effet, comme la pièce n’est composée que d’un piano, j’ai essayé de bien y réfléchir avant de la commenter pour ne pas écrire une connerie trop vite sortie de mes sentiments.

Dans l’évolution de la structure, la pièce ne brusque rien. Elle vogue lentement et sûrement, si bien qu’on reste surpris après quelques écoutes qu’elle ait monté subtilement en intensité à partir du second tiers et qu’elle prenne une tournure plus grave dans le troisième tiers. L’excellent thème d’ensemble vient et revient, tout en douceur. On peut se laisser facilement envoûter…

Enfin, à moins qu’elles soient complètement stupides, mes oreilles trouvent aussi que l’ensemble n’est pas très loin d’un petit jazz (un anachronisme ici) de fin de soirée avec les lumières tamisées. De plus, ça semble tout aussi bon pour le petit café au lait parisien les jours de pluie. Voilà donc pour l’impression que la pièce de Debussy m’apporte.

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